Récap’ SNL S42E13 – Kristen Stewart / Alessia Cara

8.5

Peut-on encore apprécier un Saturday Night Live sans le regarder, le commenter et l’analyser à travers la probable réaction de Donald Trump et de son administration ? Malheureusement, la réponse est non. Et les équipes du SNL se savent prises au piège. Eux qui ont toujours été critiqués (toutes les époques ont été qualifiées de « pire époque que le show a connu ») doivent désormais faire semblant de ne pas se savoir scrutés par le monde entier.

La presse généraliste reprenait de temps en temps un sketch ou deux, généralement quand une star y faisait n’importe quoi. Mais il ne se passe désormais plus une semaine sans que des liens circulent dans la presse, sur Twitter et sur Facebook, chez des personnes qui postaient jusqu’ici des banalités comme des recettes Tasty.

D’un côté, tant mieux. Le show de NBC n’a jamais connu de telles audiences et les retombées médiatiques sont toujours bonnes à prendre. Il n’est pas question ici d’élitisme dans mon commentaire. Mais d’un autre côté, comment se sortir de ce cercle vicieux qui ne semble plus pouvoir s’arrêter ?

À l’heure actuelle, la réponse semble être : on réglera ça plus tard. Les équipes surfent sans honte sur la vague et tout le monde y trouve son compte. Sauf Donald Trump, évidemment. Mais tôt ou tard, il faudra se pencher sur le problème, et ça ne risque pas d’être chose aisée. Sur ce, place à Kristen « Ok je ne savais pas qu’en fait elle était drôle, sympa et putain de canon » Stewart.

Cold Open


« You can’t even walk downstairs you little white bitch ! »

Seule réplique à sauver, car elle n’est pas directement recopiée d’un tweet ou d’un propos tenu par Trump et ses équipes. SNL est à la traîne. Avec un président comme Trump, il faudrait un show par jour pour pouvoir se moquer de toutes ses décisions. Le samedi devient donc depuis quelques épisodes synonyme de rattrapage express. C’est marrant, mais il va vraiment falloir changer d’angle d’attaque. Être exhaustifs ne set plus à rien, surtout quand twitter s’est déjà emparé de chaque info en proposant 1001 blagues sur chacune d’entre elles.

Et les auteurs peuvent faire bien mieux que Steve Bannon en faucheuse, et Trump assis à un petit bureau. Oui, ça l’énerve. Mais « on » vaut mieux que ça.

Monologue


Ok, big crush instantané sur Kristen Stewart, une actrice qui me laissait plutôt indifférent jusqu’ici. Victime de sa bitchy resting face, elle a tout fait pour prouver que oui, elle était super contente d’être là. Jusqu’à utiliser le F Word. C’est tout bête, surtout vu d’Europe, mais sa réaction est tellement parfaite que son capital sympathie a très vite grossi.

Par contre, si le début du monologue était plutôt bien vu (toute la partie avec les tweets de Trump), la seconde ne colle pas du tout. Dommage, plus court, ça aurait été bien meilleur.

Welcome Video

Une vidéo d’accueil détournée par l’administration Trump. Une idée simple de Julio Torres, parfaitement exécutée. Beck Bennett y va à fond et on retiendra quelques répliques drôles comme le cinglant « There will be no one to help you… »

Dry Fridays

Kristen Stewart est pas trop mal et joue le jeu, allant même jusqu’à dévoiler un « no hawk » complètement dégueulasse. Mais ce genre de personnage qui pousse toujours plus loin les histoires abracadabrantesques devrait être laissé à une autre Kristen, à savoir la reine du weird, Kristen Wiig.

Totinos with Kristen Stewart

Ok, chef-d’oeuvre absolu. La saga Totinos, débutée avec JK Simmons et poursuivie avec Larry David, fait partie de mes publicités préférées. Une idée toute simple, qui au fil du temps s’améliore et devient de plus en plus drôle. Je ne me lasserai jamais d’entendre Vanessa Bayer parler de ses « Hungry Guys ». Avec la présence de Kristen Stewart, ça devient plus chaud, parfait pour le Festival de Cannes apparemment.

Mention très très spéciale à la meilleure réplique de la soirée :

– What’s your name ?
– I never had one !

Sean Spicer Press Conference

Ok, tout le monde l’a vu, tout le monde en a parlé. Mon humble avis sur le sujet : Bordel que j’aime Melissa McCarthy. Elle se donne toujours à 300%. J’ai rigolé plusieurs fois, notamment quand elle avance avec son pupitre, car visuellement c’est une excellente idée, et le Live From New York en fin de sketch. MAIS. Parce qu’il y a un mais. C’est une fois de plus une personne qui ne fait pas partie du casting. Et c’est surtout la même idée que les imitations de Trump, à savoir des blagues faciles qui feront mouche uniquement chez les personnes concernées.

On reste dans une parodie de cour de récré, alors qu’avec McCarthy, cette excellente idée et ce maquillage de dingue, il y avait moyen d’être beaucoup plus subtils.

Weekend Update



Si les sketchs n’arrivent pas à se moquer intelligemment de Donald Trump, pourquoi ces deux abrutis y parviendraient ? En se posant cette simple question, tout le segment perd encore plus de son utilité.

Malheureusement, à cela il faut ajouter Michael Che et ses réflexions douteuses. Monsieur « Obama a signé autant de décrets que Trump en peu de temps lui aussi vous savez » n’a pas peur du ridicule. Ni de foutre en l’air ce segment mythique. Avec Jost et Che, le Weekend Update est devenu un ramassis de vannes pas drôles/foireuses/foirées, auxquelles il faut ajouter les problèmes de réalisation, mais aussi les problèmes d’élocutions (comment un mec qui ne parle que d’actu peut buter autant de fois sur le nom de Poutine ?) et la suffisance de Michael Che.

Comme Twitterai Trump : SAD !

Celebrity Family Feud : Super Bowl Edition

Leslie Jones en Samuel L. Jackson c’est oui. Kate McKinnon en Justin Bieber c’est toujours bienvenu. Le Casey Affleck d’Alex Moffat était parfait. Mais ça s’arrête là.

Meet Cute

Pete Davidson à la recherche de son coup de foudre dans Manhaddan. Très sympa, mais aussi très anecdotique.

Golden Ticket

Quatre mots. I. Washed. Your. Balls.

S42E13 - Kristen Stewart / Alessia Cara
Kristen Stewart, qui a vraiment joué le jeu
Melissa McCarthy, toujours parfaite
Une chouette première partie de monologue
Julio Torres, qui continue de briller
Le retour de la pub Totinos
Et du coup Vanessa Bayer, trop sous-utilisée
Un show qui perd son énergie dès l’arrivée du Weekend Update
Pas mal de sketchs sympas, mais oubliables
Ce putain de Weekend Update
Un traitement de Trump qui commence à être problématique
Et encore un guest pour jouer un rôle important pour les quatre prochaines années
8.5