Récap’ SNL S42E12 – Aziz Ansari / Big Sean

9.6

Pour sa première venue au Saturday Night Live, Aziz Ansari ne s’est pas entouré de guests de prestige ou de rappeurs qu’il aime namedropper. Non, Aziz est venu avec des personnes qu’il connait bien. Ou plutôt des personnalités. Toutes ces facettes qui font d’Aziz Ansari ce qu’il est devenu aujourd’hui. Il y avait l’Aziz qui adore jouer dans des sketchs et qui n’a pas peur du ridicule, comme à l’époque d’Human Giant (sa première série télé, co-créée avec Paul Scheer, Rob Huebel et Jason Woliner, et qui l’a propulsé sur le devant de la scène). Il y avait également l’Aziz comédien, celui de Parks & Recreation et Master of None. Il y avait évidemment l’Aziz stand upper. Sans oublier l’Aziz classe, l’auteur du livre Modern Romance, celui que je qualifierai de « couverture du magazine Esquire vivant ». Pour compléter ce tableau, il manquait l’Aziz foodie, l’amoureux de la bouffe, mais vous savez quoi ? C’était déjà très réussi comme ça.

Cold Open


Alec Baldwin ayant préféré se foutre de la gueule de son alter ego pendant son inauguration (qui pourrait s’en plaindre ?), l’absence du comédien dans ce premier numéro sous la présidence Trump, était à prévoir. Qu’à cela ne tienne. Beck Bennett fait un excellent Vladimir Poutine, tout en regard sournois et torse (nu) bombé.

Dans un message brandé RT (aka Russia Today, aka vidéo de propagande, aka #ArretezDeBalancerCeGenreDeVideosVousEtesMoinsConsQueVousEnAvezLAir2017), le président russe s’adresse à l’Amérique tout entière, ce qu’il qualifie de « most expensive thing we’ve ever bought ».

Bon par contre, niveau originalité, on repassera. Les évidences s’enchainent (le nombre de personnes présentes à l’inauguration, la women’s march) et la présence d’Olya Povlatsky, personnage récurrent du Weekend Update interprété par Kate McKinnon, n’arrive pas à donner de l’intérêt à ce cold open.

Il reste malgré tout quelques bonnes piques (« It’s going to be a long 4 years, but we’re in this together »). Et Olya qui porte un pussy hat, c’est un grand oui !

Monologue


Aziz Ansari a raconté un peu partout qu’il avait testé ce bit devant un public (chanceux), un soir au Comedy Cellar. Vous avez probablement entendu parler de cette soirée mythique, où Aziz était entouré, par pur hasard, de Dave Chappelle, Amy Schumer, Chris Rock et Jerry Seinfeld.

Mais si cette date restera dans les annales du comedy club, le monologue qui en est sorti est un poil décevant. Il y a évidemment de (très) bonnes idées, comme cette appellation du mouvement alt-right (aka des nazis avec un compte twitter) en « lowercase KKK ». Mais le comédien aurait pu se montrer plus virulent, malgré son message pacifiste. Dave Chapelle, qui hostait le premier SNL après l’élection de Trump, avait fait bien mieux. On peut à la fois délivrer un message de paix, ou du moins qui appelle à la raison, et se montrer plus acerbe.

Dernier petit détail : il va falloir penser à s’hydrater Aziz, parce que sur la fin on entendait plus les bruits de bouche que les vannes…

Beat the Bookworm

Ansari n’a pas attendu longtemps pour redevenir l’acteur débutant d’Human Giant. Dans Beat the Bookworm, sorte de parodie de Tout Le Monde Veut Prendre Sa Place, où un candidat doit battre un génie, l’acteur n’hésite pas à tordre son image lisse et stylée de ces dernières années. Et tout comme dans Human Giant, le sketch est basé sur une seule vanne, mais en ayant le mérite de ne pas s’éterniser.

Et puis rien que pour voir Vanessa Bayer crier « Unemployed ! », ça valait le coup.

La La Land Interrogation


Typiquement le genre de sketch reprit par la presse internationale, La La Land Interrogration prend une idée simple (l’interrogatoire de police pour faire avouer un crime débile) pour parler du film inévitable de ce début d’année. Ils auraient pu aborder ce sujet de 1000 façons différentes (soit une parodie classique, soit un faux casting, comme c’est de coutume ces dernières années au SNL), mais l’interrogatoire n’était pas la pire des idées.

Petit bémol : le sketch peine à monter en puissance. Là où une série comme Man Seeking Woman (créée par Simon Rich, ex-auteur du SNL) arrive à partir d’un point de départ inhabituel pour terminer en feu d’artifice, ici on reste sur le même rythme tout au long du sketch. Dommage, car Cecily Strong a visiblement donné tout ce qu’elle avait.

Kellyanne Conway


Un peu de math, ça ne peut pas faire de mal pour expliquer à quel point j’ai adoré cette vidéo. Alors :

Kate McKinnon + imitation de Kellyanne Conway (LA responsable de la victoire de Trump) + une vidéo réalisée par Osmany Rodriguez + une chanson + une parodie du morceau Roxie de la comédie musicale Chicago + des paroles géniales (« When they google just a K, my name will come before Kanye’s ») + des petits détails qui rendent le tout encore plus réussi (les noms d’émissions télé en néons) + un vrai message derrière, qui n’est pas sans rappeler celui de Samantha Bee quelques jours auparavant + le tout filmé vendredi seulement (!!!) = voilà pourquoi j’adore le Saturday Night Live.

Rien que ça.

Attorney Ad

Si on enlève le cold open, pas dégueulasse, mais pas génial pour autant, on est à 5 segments réussis d’affilée. Qu’on appelle un gars du Guinness Book, merde !

Plus sérieusement, voici un sketch au concept simple, efficace et drôle. Avec le meilleur, Bobby « I was trapped in concrete for 3 days » Moynihan. Et Aziz Ansari excité, au point de s’exclamer « This guy’s walkin’ around with no kidneys ?! ».

Parfait.

Weekend Update


Je ne sais pas si Colin Jost lit mes reviews, mais je serais de mauvaise foi si j’écrivais qu’il n’y avait pas du progrès de sa part cette semaine. Sa vanne sur l’assurance santé et celle sur Lincoln étaient réussies. Tout comme son « Look, I’m a doctor. Period ! », dont le delivery mou auquel on est habitués n’a rien enlevé.

Mais comme rien n’est jamais parfait, à côté il reste problématique (pour ne pas dire mauvais) Michael Che, qui pour le coup ne lit clairement pas les reviews publiées sur ce site. Pire, en plus d’être endormi, à côté de ses pompes, de rigoler à ses vannes, de rater un running gag et de se tromper une fois sur deux, Che est retombé dans les polémiques à la con, en se qualifiant non pas de féministe, mais simplement de « not a dick ». Mouais. Venant du gars qui disait ce genre de conneries, ça reste douteux.

Quant aux intervenants, il y avait Leslie Jones et Mikey Day. La première avait quelques bonnes puchlines (qualifiant Hidden Figures de « The Help in space »). Le deuxième n’était pas mauvais, mais le segment n’est sauvé que par le mini twist de fin.

Sur ce, je vais lancer ma pétition pour virer Che et le remplacer par Leslie Jones. WHO’S WITH ME ??

Bedroom

Pour ces reviews, j’ai pris l’habitude de regarder le show en prenant des notes. Et quand ce sketch écrit par Streeter Seidell et Mikey Day a commencé, j’ai immédiatement noté « Melissa Villaseñor, on dirait qu’elle imite constamment Owen Wilson ».

Et pour son premier vrai sketch (après 12 épisodes…), qu’est-ce qu’elle nous fait : Owen Fucking Wilson. Du coup ça ruine un peu l’ambiance voulue par les auteurs. D’autant plus qu’il n’y a clairement aucune alchimie entre elle et Ansari. Et que ce dernier ne décroche pas des cue cards.

C’est con, parce qu’avec plus de préparation (ce qui n’est pas toujours possible, je le sais, le sketch ayant peut-être été rajouté à la dernière minute) et la présence de Kate McKinnon ou Aidy Bryant à la place de Villaseñor, on aurait pu obtenir un bien meilleur résultat.

Five Stars


Il n’y a pas que Osmany Rodriguez dans la vie. Il y a aussi Paul Briganti, le réalisateur de ce joli sketch qui explique très bien cette dictature des notes que l’on se donne entre utilisateurs et chauffeurs Uber.

C’est en quelque sorte l’épisode 3×01 de Black Mirror. Mais en moins lourd et sans l’horrible Bryce Dallas Howard.

Pizza Town

Il y a eu Space Pants, chanté par Peter Dinklage. Il y aura désormais les irrésistibles chansons de « Peppy Ronnie’s ». Et non seulement les chansons sont drôles, mais Aziz y va a fond, les costumes sont géniaux, il y a Bobby Moynihan ET Aidy Bryant, et les réactions de Kenan Thompson sont parfaites.

J’hésite à en faire mon sketch préféré de la soirée, parce que Five Stars, Kellyanne Conway ou Attorney Ad étaient vraiment bons. Mais il sera clairement dans mon top de la saison.

To Sir with Love

Bon là je n’ai pas tout compris. Apparemment c’est une chanson intitulée To Sir, With Love, tirée du film du même nom avec Sidney Poitier. Merci internet.

Mais au-delà de la référence, je n’arrive pas à savoir si c’était déplacé et/ou si c’était le 10-to-1 le plus fou depuis des années.

Peu importe, j’ai adoré cet épisode, et si Cecily Strong aime chanter, qu’on la laisse faire de temps en temps.

Voilà donc pour ce douzième épisode, vraiment solide. Aziz rivalise avec l’épisode hosté par Lin-Manuel Miranda et se place très haut dans le top de cette 42e saison.

On verra si Kristen Stewart arrivera à faire mieux le 4 février prochain (spoiler : je n’ai rien contre elle, mais j’en doute fort).

SNL S42E12 - Aziz Ansari / Big Sean
Aziz Ansari, au top de sa forme
Des sketchs mémorables
Et surtout des sketchs variés
Bobby Moynihan je t’aime
Toi aussi, Kate McKinnon
Des vidéos joliment réalisées
Un Weekend Update qui remonte doucement la pente
Michael Che, pas drôle ET problématique
Un monologue légèrement décevant
Il va falloir trouver un gars pour jouer Trump. J’aime beaucoup Baldwin, mais ça ne va pas être possible pendant 4 ans.
C’est triste, mais c’est la règle, Melissa Villaseñor doit vraiment quitter l’émission. - C’était quoi cette fin ?
Petit point musical, parce que j’aime bien Big Sean : C’était mou, non ?
9.6