Récap’ SNL S42E11 – Felicity Jones / Sturgill Simpson

4.5

2017, le Saturday Night Live entame la deuxième partie de sa 42e saison, avec à sa tête Felicity Jones. L’actrice de Rogue One – A Star Wars Story faisait visiblement ses premiers pas dans la comédie (qui plus est en live), et ça s’est très vite ressenti.

Après un monologue qui ressemblait plus à une torture qu’à une introduction, l’actrice s’est vue reléguée au second, voire troisième plan, pour le reste de la soirée. Résultat, un épisode en demi-teinte, avec de bonnes idées, mais trop éparpillées pour vraiment former un ensemble cohérent. Et à sa tête un host complètement paumé, qui ne semblait attendre qu’une seule chose : la fin. Une fin qu’elle a également foirée, avec des blancs, un regard perdu et des gestes gênants.

Ce n’était pas du niveau de January Jones, qui elle est simplement une mauvaise actrice, mais on s’en rapprochait dangereusement. Dommage pour une première…

Sur ce, place aux sketchs.

Cold Open

Comment réussir à faire plus fou que la réalité, quand un président orange, incapable, misogyne et raciste est impliqué dans un scandale où il est question, entre autres, de douches dorées ? En tout cas les auteurs du SNL n’ont pas encore trouvé la réponse puisque ce cold open, bien qu’efficace, n’était finalement rien de plus qu’une liste énumérant les situations incroyables qui impliquent Donald Trump.

Comme en 2008 avec Sarah Palin, SNL se contente de reprendre quasiment mot pour mot les vraies déclarations des personnalités parodiées, et y ajoute une petite touche de fantaisie. Le Trump d’Alec Baldwin enchaine donc les répliques volontairement débiles, comme « I’m not talking about the pee pee », et nous apprend qu’il n’est pas une Rachel, mais plutôt un Ross. Take that, BuzzFeed !

On appréciera également le retour de Pete Davidson, absent des deux derniers épisodes, et le running gag « And I’m Eric ! » qui continue son petit chemin.

(Le sketch en vost sur Comédie +)

Monologue

En tant que fan du SNL, j’étais plutôt content de voir Tina Fey vanner la longue présence au casting de Kenan Thompson (qui a une famille à nourrir, merde !) et les auteurs qui utilisent Leslie Jones quand ils n’ont pas de fin pour leurs sketchs. Mais en tant que téléspectateur, ce monologue puait le malaise. Felicity Jones était nerveuse et enchainait les cue cards comme si elle présentait une sous-catégorie aux Oscars. Du coup certaines vannes plutôt drôles sont passées inaperçues (comme celle de sa figurine Star Wars, livrée avec un compte Dropbox).

Et oui, comme le fait remarquer Tina Fey, le SNL est beaucoup trop reviewé en ligne. Surtout avec ces articles intitulés « le pire et le meilleur du SNL de la semaine ». Mais ce n’est pas moi qui vais cracher dans la soupe…

(Le sketch en vost sur Comédie +)

Beard Hunk

Deux ans après Farm Hunk (avec Blake Shelton), cette parodie du Bachelor revient, sans vraiment changer sa formule. Des filles idiotes s’enchainent et racontent les pires anecdotes devant le célibataire, ici incarné par Beck Bennett. Certaines répliques sont sympas (notamment celles d’Aidy Bryant), mais c’est trop répétitif et déjà vu pour vraiment nous décrocher un sourire.

Quant à Felicity Jones, si vous pensiez qu’après le monologue elle allait se détendre, détrompez-vous. Malgré deux minuscules interventions, elle n’a pas décroché une seule fois des cue cards… Alors oui, c’est toujours conseillé, surtout pour une première fois. Mais elle n’est pas censée être une actrice expérimentée à la base ?

(Le sketch en vost sur Comédie +)

Shondra & Malik

Pour le premier court de Osmany Rodriguez (<3) de l’année, pas de Felicity Jones, mais bien une battle entre Leslie Jones et Kenan Thompson. L’idée n’est pas hilarante, mais la forme sauve le fond. Et je me dis que j’aimerais bien revoir ces personnages à l’avenir.

(Le sketch en vost sur Comédie+)

Theatre Donor

Je sais, je bashe facilement le SNL français, mais regardez-moi cette mise en scène. Une pièce de théâtre jouée à l’intérieur d’un sketch. Le truc impossible à mettre en scène en France, où les décors en carton-pâte arrivent à peine à créer de la profondeur.

Ceci dit, joli ou pas, ce sketch était raté. Le vieux sénile interprété par Mikey Day avait beau se débattre dans tous les sens, sans l’aide de Felicity Jones, ses efforts furent vains.

C’est là que tu te dis que quand t’es pas à l’aise, un sketch, ça peut être vraiment long…

The Princess and the Curse

Ok, je lance le hashtag #StopLes DecorsEtCostumesCanons2017. Le costume de sorcière de Kate McKinnon était sublime. Mais là aussi, ça ne mène nulle part. Et par nulle part je veux dire que ça mène à une blague sur les grosses et une blague sur les petits zizis.

Susan B. Anthony

Un sketch étrange, qui se perd en cours de route. Ok, ces femmes ont du respect pour la suffragette Susan B. Anthony, mais ce jusqu’à un certain point. Ça, c’est le pitch de départ. Mais la suite n’est pas assez claire. Chaque actrice semble se la jouer solo. Il n’y a aucune unité, ce qui rend le tout très brouillon.

Et Kate McKinnon en Susan B. Anthony ressemble à Kate McKinnon en Ruth Bader Ginsburg. Ce qui n’aide rien.

Weekend Update

ALLE – Fucking – LUIA. Il y avait une bonne vanne dans le Weekend Update. Une bonne vanne et demie, si je veux être sympa.

Ne perdons pas de temps, la voici : « Donald Trump blamed intelligence agencies for allowing the Russian dossier to leak, tweeting, Are we living in nazi Germany ? Of course not. Nazi Germany at least had the guts to take on Russia. »

Bon, c’est en partie ruiné par le delivery de Colin Jost, et sa fierté mal placée à la fin de sa première bonne vanne de l’année. Mais à ce stade, on prend tout ce qu’on peut.

Pour le reste, c’était un WU de Colin Jost et Michael Che, tout ce qu’il y a de plus classique. Navigant entre le pathétique et le minable avec un talent dingue. Che continue d’être un personnage vraiment douteux, avec des comparaisons et des vannes qui ne font rire que lui. Et Colin Jost continue de s’éloigner de son modèle qu’est Seth Meyers. Les deux ont bafouillé plus d’une fois, s’étonnant même quand des vannes (nulles) tombaient à plat. Comme si on assistait au dress rehearsal. Plus amateur, tu meurs.

Pour couronner le tout, les deux intervenants étaient au mieux ridicules, au pire vraiment génants. Pete Davidson a signé sa pire intervention depuis son arrivée au SNL, en jugeant l’équipe de Trump uniquement sur leur physique. Un peu comme ferait Trump quoi. Oh, the irony…

Et Beck Bennett, qui s’impose comme le nouveau Taran Killam (aka l’homme blanc lambda qu’on peut caser partout), est venu jouer les popstars. Ça sortait de nulle part, ce n’était pas clair, et surtout ça se voulait aussi drôle qu’un intervention de Garth & Kat. Mais n’est pas Fred Armisen qui veut.

Movie Interview

Une interview de l’équipe de Hot Robot 3 : Journey to Boob Mountain. Où quand le SNL américain fait tout pour remonter le moral des équipes du SNL France.

Seuls points positifs : la présence toujours bienvenue de Kyle Mooney, et la dernière réplique qui précise que le film sortira exclusivement sur Samsung Gear VR.

Corporate Retreat

Dernier sketch, dernière apparition de Beck Bennett. Sans déconner, je n’ai rien contre le gars, mais il était plus présent que Felicity Jones (vous vous souvenez d’elle ? Mais si, elle hostait cet épisode). Corporate Retreat est un 10-to-1 raté, qui fait tout pour être bien weird comme il le faut et fini par être plus lourd qu’autre chose. Mais voyons le bon côté des choses : Felicity Jones va enfin quitter son Guantanamo de la comédie en direct. Et Melissa Villaseñor va pouvoir appeler ses parents en leur disant qu’elle était dans trois sketchs cette semaine.

Voilà donc pour ce 11e épisode qui, sur l’échelle du boring, était bien haut. Il n’est pas impossible que vu le niveau de stress de Felicity Jones, les auteurs aient préféré la jouer safe en retirant certains sketchs pour les remplacer par d’autres, moins aboutis, mais où la pauvre Felicity n’avait rien (ou presque) à faire.

On espère que le niveau sera bien meilleur samedi prochain, avec la présence de Aziz Ansari.

S42E11 - Felicity Jones / Sturgill Simpson
Sturgill Simpsons. Je parle rarement des invités musicaux, encore moins quand je ne les connais pas, mais wow, le deuxième morceau était vraiment bien. De quoi te réveiller, même si tu regardes le show en différé. 
Une ou deux répliques à sauver dans chaque sketch. 
La vanne du Weekend Update. Pas dingue, mais tellement inattendue qu’elle a surpris tout le monde. Même Colin Jost.
Osmany Rodriguez. Le talent à l’état pur.
Cool, Beck Bennett sait faire autre chose que Boss Baby !
Le Weekend Update. Parce que bon, une vanne sur 10 minutes c’est peu. 
Où sont les femmes, comme dirait Patrick Juvet ?
Felicity Jones. Ce n’était clairement pas de sa faute, le live et la comédie ne se sont pas fait pour elle. Ça arrive. Mais ça reste pénible à regarder. 
Oh putain, encore Beck Bennett…
4.5