Récap’ SNL S42E05 – Benedict Cumberbatch / Solange

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Après une semaine de pause bien méritée, l’équipe du Saturday Night Live faisait son retour avec un guest très remarqué, à savoir Benedict « je joue dans tous les films » Cumberbatch. Pour annoncer ce mini-événement, l’acteur a même eu droit a une promo très spéciale :

https://www.youtube.com/watch?v=NCq\_BH5353M

L’épisode, diffusé 4 jours avant les élections américaines, était l’occasion de réunir une dernière fois (croisons les doigts) Hillary Clinton et Donald Trump. Et pour Cumberbatch, de s’essayer à la comédie pendant plus d’une heure.

Alors, est-ce que Sherlock / Alan Turing / Doctor Strange était à la hauteur ? Voici le résultat, sketch par sketch.

Hillary Clinton/Donald Trump Cold Open

Un cold open inévitable à quelques jours des élections américaines. Ici, pas de débat à proprement parler, mais un faux duplex avec les deux candidats, histoire d’aborder vite fait les derniers sujets scandales qui touchent cette campagne. Et comme il faut être exhaustif, tout y passe : les emails de Clinton, ou les relations entre Trump et Putin, le KKK et le FBI (ce qui donne lieu à un chouette running gag). Au passage, malgré un rythme un peu off, on notera quelques punchlines, comme Trump jouant à la roue de la Fortune : « Give me a N » et une fin qui ose casser le quatrième mur, en laissant les acteurs quitter leur rôle l’espace de quelques instants. « This election has been so mean » comme ils le disent si bien. Et ça concerne autant les candidats que les auteurs qui doivent blaguer sur le sujet.

Monologue

Voici quelque chose qui ne m’avait pas manqué. Un monologue chanté sans aucune bonne raison, ou quand tu ne sais pas quelle est la force de ton invité. Benedict Cumberbatch est certes un très bon acteur dramatique, mais pour la gaudriole, on repassera. Pour la chanson aussi, d’ailleurs. Cumberbatch essaye donc tant bien que mal d’être crédible sur une instru à la « Shaft » de Isaac Hayes, mais même entouré de ses Cumberbitches, ça reste terriblement gênant. Leslie Jones tente de sauver l’ensemble, et ses interventions sont certainement les plus drôles, mais rien n’y fait. On notera que Sasheer Zamata et Melissa Villasenor font toujours partie du cast. C’est toujours bon à prendre.

Koohl Toilet

Et si pour être cool aux toilettes, il fallait s’asseoir à l’envers ? C’est ce que propose Cumberbatch dans cette parodie de la pub 1984 d’Apple. Bon, il n’y a pas grand-chose à en dire. On peut trouver ça drôle ou pas (personnellement je penche plus du côté du « j’ai 31 ans et les blagues de caca ça m’amuse de moins en moins »), mais on peut une fois de plus souligner la réalisation de Osmany Rodriguez. Et surtout cette réplique de Vanessa Bayer, qui avec son visage tout innocent, m’a pour le coup vraiment fait rire. « Nothing will ever be the same ». Mais comme le reste de cette parodie, c’est largement oubliable.

Why is Benedict Cumberbatch Hot ?

Mais oui, finalement, qu’est-ce qu’on lui trouve à ce Benedict Cumberbatch ? Beck Bennet s’est posé la question et a créé un vrai-faux jeu télévisé autour de ce concept. Allant même jusqu’à demander de l’aide à ses collègues, sans trop leur expliquer sa démarche. Voir les acteurs jouer leur propre rôle est l’autre bonne idée de ce sketch, avec Cumberbatch allant même jusqu’à dire « I don’t remember this sketch in reherseal ». Il y a d’autres bonnes répliques (« Not his face per se… ») et ça reste malgré tout un des meilleurs sketches de la soirée. Peut-être, car Cumberbatch y joue son propre rôle.

Office Hours

C’est le retour du teubé interprété par Pete Davidson, que l’on avait découvert en avril dernier lors de l’épisode hosté par Julia Louis-Dreyfus. Et bizarrement, ça fonctionne toujours aussi bien. Cumberbatch et Davidson sont au top et l’ensemble est agrémenté de petits gags visuels plutôt drôles.

Surprise Bachelorette

Un mélange entre Weekend at Bernie’s et le site Giphy, où le corps de Aidy Bryant se fait malmener par Cumberbatch en mini short en jeans. Il y a quelques chouettes idées qui permettent une escalade dans le graveleux, mais la fin avec les joueurs des Chicaco Cubs tombe un peu comme un cheveu dans la soupe. Surtout qu’ils seront de retour quelques minutes plus tard dans le Weekend Update.

Weekend Update

Bon, ce n’était pas le pire de la saison et déjà rien que ça, c’est bon à prendre. Le rythme était plus posé, ce qui permet de mieux apprécier les vannes (qui ne sont toujours pas ouf, mais là aussi, on prend ce qu’on peut). En vrac :

  • Le tweet de Trump, « Sad, fake & gay », en réaction au speech de sa femme était très drôle.
  • Je n’en peux plus des vannes de Michael Che qui se termine quasi systématiquement par « That’s like… », suivi d’une comparaison à la noix.
  • Il y a toujours une ou deux vannes qui tombent à plat, ça rend le segment encore plus amateur qu’il ne l’est. Et ce n’est pas la reprise de Colin Jost qui sauve la mise. « Too real » ? Non, juste pas drôle quoi…

Enfin le retour de la Church Lady était sympa, tout comme la venue surprise de Bill Murray. Mais ça reste un retour d’anciennes gloires, et quand c’est le meilleur moment de ton segment, c’est qu’il y a clairement un problème.

« Jesus loves a good joke. That leave you out of the equation »…. Tu l’as dit, Church Lady.

Gemma & Ricky

« Cool ! Un énième sketch où des personnages bruyants mettent mal à l’aise d’autres personnages »… PERSONNE. JAMAIS.

Non seulement Cumberbatch est mauvais, mais les persos white trash de Cecily Strong sont tous interchangeables. Sa chanson est pas mal, mais à choisir, j’aurai préféré ne pas voir ce sketch. Les auteurs non plus apparement, puisqu’il n’y a pas de fin…

Criminal Mastermind

Une idée déjà vue, mais les réactions de Cumberbatch et son staff (putain on veut plus de Kyle Mooney !) sont marrantes. Dommage qu’une fois de plus, le rythme soit complètement à côté de la plaque.

Meeting with Mr. Shaw

Un 10 to 1 classique, sorti de la tête d’un auteur un peu perché. Une réunion avec un homme à tête d’aigle. Pourquoi pas. Surtout que la vanne sur « Salmon » Rushdie m’a bien fait rire.

Donc voilà, pour son cinquième épisode, le SNL nous propose un épisode qui tient la route, où rien ne dépasse. Par rapport aux quatre premiers qui innovaient pas mal, on retrouve ici une formule un peu plus classique. Quant à Cumberbatch, ce n’était rien de plus qu’un gros pétard mouillé. Je pense qu’il a dû kiffer sa semaine à 30 Rock, mais il n’est pas fait pour la comédie. Dans chaque sketch, il « jouait » la comédie comme il joue un personnage. Et forcément ça capote. Je pense que l’épisode de la semaine prochaine (Dave Chappelle !! A Tribe Called Quest !!!!) relèvera le niveau.

Ah et si vous savez qui est le mystérieux John Homer a qui l’émission a rendu hommage, faites-nous signe !

S42E05 - Benedict Cumberbatch / Solange
Les «questions «  qui tournent souvent autour du personnage de Cumberbatch ont presque toutes été abordées
Aucun sketch récurrent (sauf le cameo de Dana Carvey)
Rien de vraiment honteux
Des problèmes de rythme
Cumberbatch n’était finalement pas un si bon choix
Le Weekend Update, encore et toujours
Pas assez de Kyle Mooney
Des sketchs aux pitchs sympas, mais qui ne transcendent rien
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