Recap’ SNL S42E04 – Tom Hanks / Lady Gaga

8.5

Quand on sait que le Saturday Night Live n’a pas diffusé 4 épisodes consécutifs depuis 2009, on pouvait s’attendre à un coup de fatigue logique et justifié dans l’équipe, mais qui pour nous pauvres téléspectateurs, donnerait un épisode calamiteux (looking at you, Emily Blunt).

Mais voilà, le monde évolue, les choses changent, et tout comme les décorations de Noël, les miracles de Noël arrivent eux aussi de plus en plus tôt. Et on ne va pas s’en plaindre. Ce quatrième épisode de la saison, qui marquait le grand retour de Tom Hanks après 10 ans d’absence (enfin, sans compter ses nombreux caméos entre temps) était un SNL carré, drôle et très rythmé.

Et non seulement Hanks a intégré le top 5 des personnalités ayant le plus hosté (derrière Alec Baldwin, Steve Martin, John Goodman et Buck Henry), mais on peut dire qu’il a une fois de plus tout donné. Il a imité, il a chanté, et il s’est même payé le luxe de nous offrir un personnage devenu instantanément culte. Oh et en plus de tout ça, l’épisode a connu sa meilleure audience de la saison.

Un miracle je vous dit. Allez, c’est parti pour le récap’ sketch par sketch.

Donald Trump vs. Hillary Clinton Third Debate Cold Open

Ça y est, c’est terminé. Au revoir les débats, à jamais j’espère. Pas que ce cold open soit raté, au contraire il fait une fois de plus le taf, mais ras le bol de ces passages obligés. Donald Trump est fou, Hillary Clinton est une control freak. On le sait depuis des mois. Ceci dit, les auteurs ont encore trouvé quelques petites idées (en moins de 3 jours, le débat ayant été diffusé mercredi soir). Le bingo était bien vu, tout comme l’incapacité de Trump à s’exprimer sur certains sujets (« Oh thank god ! I don’t know if you could tell but I was spinning out of control»). On notera également la pique lancée à Stephen Baldwin, la planète entière qui se marre quand Trump déclare avoir du respect pour les femmes, et la présence de Tom Hanks en modérateur. Bref, c’était sympa, mais ça va faire du bien de passer à autre chose.

Monologue

Quel monologue réussi ! Un speech de Tom Hanks, le « papa de l’Amérique », qui s’exprime face camera pendant 4 minutes. C’était drôle, très bien écrit et sans fioritures (pas de chansons, pas de membres du cast, pas de public). L’Amérique change de peau (normal, c’est un pays d’immigrés). L’Amérique est un peu plus gay qu’avant. Mais l’Amérique « is gonna be fine ». Après la violence des débats, papa Tom Hanks est là pour rassurer tout le monde.

Black Jeopardy

Quatrième apparition du Black Jeopardy, cette parodie où un des trois candidats est un blanc complètement paumé. Après Louis CK, Elizabeth Banks et Drake, c’est donc au tour de Tom Hanks de s’y coller. La formule, on la connait et elle marche toujours (de moins en moins bien, certes). Mais cette fois-ci, le jeu était légèrement modifié puisque Hanks y interprète Doug, un supporter de Trump. Et niveau réponse, il n’est pas mauvais le Doug. Là aussi, SNL livre un sketch typiquement SNL. Une parodie drôle et bien sentie, qui aborde des sujets de société de manière intelligente. Et puis Keeley est à peu près le seul bon rôle de Sasheer Zamata. Laissons-lui au moins ça.

Halloween Block Party

Encore une réunion awkward dans un quartier huppé. Au fil du temps, j’ai développé une allergie à ces décors beiges et les costumes et perruques qui vont avec. Tom Hanks et Cecily Strong y interprètent un couple très porté sur la chanson (en particulier Don’t Stop Believin’ de Journey). L’unique bonne vanne est celle du triangle amoureux avec leur fille (Melissa Villasenor, trop discrète et surtout à la voix naturelle horripilante). Vu que le reste de l’épisode était solide, on leur pardonne ce faux pas.

Funny New Comedy

Avec la première vidéo de la soirée, SNL s’attaque frontalement à toutes ces pseudo-comédies qui ont inondé les chaines après l’arrivée de Louie. En martelant que non, ce n’est pas parce qu’un épisode dure 30 minutes que ça en fait une comédie, les auteurs de cet excellent sketch visent (à juste titre) des séries comme Transparent. Plutôt bien vu, surtout quand il est attaché à un autre propos très juste : l’absence de CBS dans des cérémonies comme les Emmy. Car on en pense ce qu’on veut, mais CBS reste une chaine où les sitcoms sont de vraies sitcoms. Bon après, niveau qualité, c’est un autre débat.

Haunted Elevator

Sans aucun doute le meilleur sketch de la soirée, puisqu’on y fait la connaissance du désormais célèbre David S. Pumpkins. On doit cette idée folle à Mikey Day, Streeter Seidell et Bobby Moynihan, le trio déjà à l’origine d’un autre personnage devenu instantanément culte, Kevin Roberts. Et après « Can a bitch get a donut », voici ma nouvelle catchphrase préférée : « Any questions ? ». Tout est parfait : les costumes, la musique, les danses et les répliques de Kenan Thompson, Kate McKinnon et Beck Bennett. « Don’t let David Pumpkins ruin your night ». Par-fait.

Weekend Update

Dès la première seconde, Colin Jost m’a énervé. « Hey, good evening everyone ». Ok, bye les gars, faites signe quand vous serez réveillés. Concentrons-nous plutôt sur les intervenants.

Leslie Jones s’est fait hacker cet été, on a compris, merci. Son passage derrière le bureau du WU n’était pas mauvais, mais après la très bonne parodie de Mr. Robot dans le premier épisode, on avait déjà fait le tour de la question.

Non, la vraie bonne surprise de ce Weekend Update, c’est le retour pour la dixième fois de The Girl You Wish You Hadn’t Started A Conversation With At A Party. Et Cecily Strong était à fond. Avec des répliques comme « Don’t Manterrupt me when I’m Womaking a point », elle prouve que ce personnage a encore de beaux jours devant lui.

Pour le reste, franchement… Une vanne pas trop mal sur Mike Pence et les gays. Et voilà… C’était le Weekend Update. Repose en paix petit ange parti trop tôt.

Cockpit

Tom Hanks est Sully Sullenberger, le pilote qui a atterri son avion d’urgence sur l’Hudson. Rôle qu’il interprète d’ailleurs dans le nouveau film de Clint Eastwood. Avec l’aide d’Alec Baldwin (qui pour une fois n’est pas parti après son Cold Open), il nous offre un très beau moment de malaise. SNL étant de fait une émission « bruyante », les nombreux passages silencieux de ce sketch étaient les bienvenus. Entre les annonces débiles de Sully (« Je connais Ellen », « J’ai une Apple Watch »), on appréciera la présence du trop rare Kyle Mooney, toujours parfait en gamin. Et non Sully, on ne se dirige pas une fois de plus vers l’Hudson !

A Girl’s Halloween

Osmany Rodriguez est un génie. Ce sketch est une fois encore sublime. Les actrices sont au top. Les deux ambiances sont parfaites. Je suis à court de superlatifs, aidez-moi sivouplé. Y’a même Aidy Bryant qui passe à travers une vitrine ! C’Mon !

America’s Funniest Pets

Ce qui commençait comme un très bon 10 to 1, avec Tom Hanks imitant Ron Howard, s’est malheureusement transformé en sketch moyen, avec Cecily Strong et Kate McKinnon reprenant leur rôle de présentatrices françaises. Drôle de façon de clôturer un excellent épisode. Mais rien de honteux non plus

Bonus Youtube : Bruce Chandling and Paul Cannon on Halloween

Pauve Bruce Chandling. Une fois sur deux, il est coupé au montage. Ce personnage de standupper ringard créé par Kyle Mooney faisait pourtant son grand retour au Weekend Update, avec l’aide de Tom Hanks qui incarne Paul Cannon, un autre standupper ringard (oui, ils sont plusieurs). Même si c’est coupé au montage, ça ne m’enlèvera pas l’idée que Kyle Mooney est un génie. Regardez sa tête pendant les vannes de son collègue. Ça vaut de l’or. (Pour les lecteurs qui n’habitent pas en Belgique, n’hésitez pas à utiliser un VPN, ça vaut le coup).

Voilà, après quatre épisodes, SNL s’offre une semaine de repos bien mérité. Le show sera de retour le 5 novembre, trois jours avant les élections, avec Benedict Cumberbatch et Solange.

S42E04 - Tom Hanks / Lady Gaga
David
S.
Pumpkins
Un excellent monologue
Les malaises du sketch dans l’avion
Cecily Strong, en forme cette semaine
C’est la fin des débats !
Jolie version de Black Jeopardy
Le talent fou d’Osmany Rodriguez
Le Weekend Update, dans un état toujours proche de la mort
Deux sketches moyens qui empêchent de faire de cet épisode un classique
Non, vraiment, le Weekend Update est catastrophique
8.5