Recap’ SNL S42E03 – Emily Blunt / Bruno Mars

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« Oopsie doopsie, I muffed it up ». Dès le premier sketch de la soirée, Emily Blunt balance la réplique qui résumera un épisode complètement raté. « Oopsie doopsie » mon cul. On savait SNL habitué aux trois semaines de diffusions consécutives, le troisième épisode étant souvent le moins bon (la fatigue, tout ça), mais avec un quatrième épisode prévu pour samedi prochain (histoire de pouvoir parodier le dernier débat présidentiel), on peut se demander comment les auteurs (et les acteurs) réussiront à faire pire. Et comment je (Anthony Mirelli) pourrais caser encore plus de parenthèses (parce que là ça fait beaucoup, non ?).

Bref, cette semaine SNL nous a gratifiés de pas moins de 13 sketches (deux de plus que la semaine dernière). C’est beaucoup. Surtout quand, comme prévu, certains sketches sont des promos que NBC a joliment négociées pour ne pas perdre d’argent face à la diminution du nombre de coupures publicitaires. Vous les reconnaitrez facilement : ils étaient catastrophiques. Mais le mieux, c’est encore d’en parler sketch par sketch.

Donald Trump vs. Hillary Clinton Town Hall Debate Cold Open

Comment parodier un débat tellement ridicule qu’il en devient sa propre parodie ? La réponse est simple : on propose un best of des quelques vannes qui s’imposent d’elles-mêmes (Ken Bone, Trump qui joue le creepy derrière Clinton). Ce qui donne un cold open qui fait sourire, grâce à quelques bonnes répliques (« I love the kids. I love the kids so much I marry them »), mais sans aucune originalité. Comme un mezze commandé au resto grec du coin. Y’a un peu de tout, c’est ni bon ni mauvais, mais disons que ça te cale bien pour le reste de la soirée. Et vu ce qu’a donné ladite soirée, on va gentiment s’en contenter.

Monologue

Aïe. Emily Blunt n’a aucun timing comique. Et qui plus est, elle semblait pressée d’en terminer avec ce monologue. Elle avait peut-être un train à prendre (GET IT !!!!). Niveau originalité, on repassera puisqu’on n’a pas eu droit à la chanson ni aux questions du public, mais un subtil mélange des deux. Le tout sans aucun mot sur Blunt elle-même, ce qui semble pourtant être une évidence lors d’un premier passage au SNL, ni la raison de sa présence. Sympa.

Escorts

Vous prenez une idée de sketch pas vraiment bandante (deux mecs qui attendent leurs escortes). Des acteurs qui ne décrochent pas de leurs cue cards (Alex Moffat et Leslie Jones tout particulièrement). Un timing complètement à côté de la plaque (une seconde de vide avant chaque réplique, record battu). Une seule vanne qui consiste à faire dire n’importe quoi aux escortes (mécanisme d’escalade dont le SNL raffole). Et vous obtenez un premier sketch de la soirée qui donne le ton. Mais malheureusement pas le bon.

Melanianade

Alors là, wow. Une parodie du Lemonade de Beyoncé sauce Trump, avec les femmes qui l’entourent poussant (super bien) la chansonnette, dans un clip tellement classe qu’il semble avoir été tourné pendant des semaines. C’était malin, très élégant, et très en phase avec ce que les gens pensent de Melania Trump. Une poupée victime volontaire qui deviendrait une héroïne si elle quittait Donald Trump. Et comme chaque semaine, ce cast féminin continue de s’imposer comme l’un des meilleurs de tous les temps.

Short Film

Un sketch malin (un Q & A avec l’équipe d’un court métrage), mais qui ne parlera pas à grand monde. Ceci dit, belle prestation de Vanessa Bayer, toujours parfaite pour jouer les femmes mal à l’aise (revoyez les formidables pubs Totino’s Pizza Rolls) et le reste du cast, bien en phase sur scène. Seule fausse note : la promo d’Emily Blunt qui tombe comme un cheveu dans la soupe. Y’a le monologue pour ça…

Chonk

Euh… Oui, pourquoi pas. Trop court pour le discours que ça veut faire passer. Ou pas assez développé pour un sketch entier ? On s’en fout, y’a Bruno Mars qui arrive.

Car oui, on va parler exceptionnellement de l’invité musical puisque Bruno Mars a assuré comme d’habitude, s’offrant même le luxe de commencer son morceau dans sa loge et de danser jusqu’à la scène. Merci le monchichi du hip-hop, on en avait bien besoin.

https://youtu.be/1XmcX9x4OqY

Weekend Update

Cette semaine, pas de surprises, Colin Jost et Michael Che continuent de lire leurs cue cards en essayant de ne pas s’endormir. Il y a malgré tout quelques bonnes vannes (celle sur Michael Jackson était bien amenée, et celle sur les petites filles était bien dark comme il le faut). Et même un moment de lucidité quand Colin Jost s’écrie « We tried ». Well, try again, my friend. On passera sur le personnage fatigué et fatigant d’Olga, interprété par une Kate McKinnon qui a besoin de souffler, pour s’attarder sur le deuxième et dernier bon moment de cette soirée : Laura Parsons, la petite actrice interprétée par une Vanessa Bayer toujours survoltée. C’était une fois de plus remarquablement écrit, et la voir surjouer des phrases comme « Best case scenario, YOU’RE MOLESTED ! » me fera toujours éclater de rire. Mention spéciale à la petite pique adressée à NBC, qui payera 10 millions à ce creep de Billy Bush.

Drive-Thru Window

(Enfin, ça c’est le nom « officiel », mais entre nous, appelons ce sketch « Burger King ») Un sketch clairement promotionnel écrit par Kad & O période La Grosse Émission. Avec son lot de personnages bizarres et ses perruques ridicules. Next.

The Sink

Emily Blunt joue un évier, dans une vidéo complètement WTF. Ceci dit, ça reste son meilleur rôle de la soirée.

Honda Robotic

Second sketch promotionnel de la soirée. Pire que le premier. Ce n’est pas drôle. C’est mal réalisé. C’est visuellement très moche. Les costumes sont pathétiques. Et c’est malheureusement une des seules apparitions de Bobby Moynihan de la soirée. C’est moche…

Melania Moments
#102 – The Housemaid

Alors qu’on se noyait dans une piscine de mauvais sketch, un petit Melania Moments très sympa nous permet de reprendre notre souffle à la surface. Profitez-en, ça ne sera que de courte durée.

Great British Bake Off

8 membres du casting, tous visiblement crevés, font de leur mieux pour sauver un sketch raté, sorte de parodie d’émission culinaire où Emily Blunt et Cecily Strong incarnent deux candidates bruyantes et vulgaires. Pendant ce temps, le public du studio 8H se demande s’il doit rire ou pleurer.

Hamsters

Une plongée dans une cage à hamsters, où quatre hamsters se disputent comme dans un soap opera. L’idée est intéressante, les décors sont très bons et McKinnon donne tout ce qu’elle a. Mais il est tard, tout le monde est vidé. Les auteurs auraient dû garder ce sketch pour une prochaine émission.

Voilà donc, la première déception de l’année. Malheureusement c’est tombé sur Emily Blunt, plutôt sympathique au demeurant (et toujours très bien au cinéma, que ce soit dans Sicario, Edge of Tomorrow ou The Adjustment Bureau). La semaine prochaine, pour la quatrième émission consécutive, le SNL pourra compter sur un host habitué des lieux puisque Tom Hanks sera de retour pour la neuvième fois. Croisons les doigts.

(enfin, ça c’est le nom « officiel », mais entre nous, appelons ce sketch « Burger King »)
Une sublime parodie de Lemonade
Le retour de Laura Parsons au Weekend Update
Aucun sketch récurrent
13 sketches, ça permet pas mal de diversité
L'horreur des sketches promotionnels
Emily Blunt est une excellente actrice mais la comédie et le live, ça ne lui réussi pas
On sentait la présence des cue cards
On veut plus de Bobby Moynihan et de Kyle Mooney
On savait que le 3e épisode allait être moins bon mais ça fait peur pour la quatrième...
13 sketches c'est beaucoup, surtout quand ils sont ratés
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